Comment naît une ville sans enfants
Tout a commencé par une réunion du CAPPE qui, comme chaque fois, devait durer vingt minutes. À la troisième heure, quelqu'un a prononcé la phrase fatale : « et si on fondait une ville juste pour les parents ? »
Un terrain poussiéreux fut trouvé au bout de la plaine, à exactement une soirée de cheval du centre de Rosières. On planta un piquet, on cloua une pancarte, on baptisa l'endroit Rosières Town — parce que le nom sonnait paisible, et qu'on avait bien besoin d'un mensonge rassurant.
La charte fondatrice tient en une ligne, gravée au couteau sur la porte du saloon : « Ici, pas de devoirs, pas de cartables, que des "j'ai faim" et des "j'ai soif". » La ville fut déclarée zone strictement adulte, et le premier tonneau fut percé dans la même minute.
Reste un détail administratif : une ville n'existe pas sans habitants. C'est là que vous entrez en scène : 128 places de fondateurs attendent leurs habitants — et les ennuis qui vont avec.






